Pour la première fois fin 2013, le nombre d’indépendants étrangers actifs dans notre pays a dépassé la barre des 100.000, 101.932 exactement. La progression est constante, représentant 21 % par rapport 2009. Le calcul a été effectué par le SNI (Syndicat neutre pour indépendants) sur la base des chiffres de l’Inasti. L’augmentation est d’autant plus remarquable que dans la même période, le nombre total d’indépendants en Belgique n’a augmenté « que » de 7 %.

41,3 % des indépendants étrangers se trouvent en Flandre, 38,8 à Bruxelles, 19,2 % en Wallonie et 0,7 % en communauté germanophone.

Jusqu’en 2012 inclus, les Néerlandais constituaient la plus grosse population d’indépendants étrangers mais ils se sont fait détrôner de quelques dixièmes de pour cent par les Roumains, qui représentent un bon 16 % des entrepreneurs étrangers dans notre pays. En troisième position arrivent les Français (11,16 %), puis les Italiens (10,30 %) et les Polonais (7,94 %). Les indépendants originaires d’un pays de l’Europe de l’est représentent presque 30 % des « étrangers » en Belgique.

Le SNI se réjouit globalement de l’augmentation de l’entrepreneuriat étranger, bon pour le dynamisme économique d’un pays, mais voit aussi dans les récents flux d’arrivants une source d’inquiétude : « Nous ne pouvons qu’encourager l’esprit d’entreprise des étrangers dans notre pays, mais nous ne devons pas être aveuglés par la réalité. Des contrôles gouvernementaux ont prouvé que 4 migrants de l’UE sur 10, prétextant travailler en tant qu’indépendants, ne l’étaient pas. Une telle fraude est inadmissible et doit être sévèrement punie », estime Christine Mattheeuws, la présidente du SNI. « Ces indépendants fictifs abusent du statut d’indépendant pour, par exemple, bénéficier d’une allocation de séjour, recevoir des allocations familiales et autres avantages, comme par exemple le soutien des CPAS ».

Le SNI exige que cette forme d’abus soit lourdement sanctionnée. Pour l’instant, il existe une amende administrative, comparable à la première cotisation provisoire qu’il faut débourser en tant que starter.

« Le problème est que bon nombre de ces faux indépendants ne paient pas leurs cotisations. Il est donc nécessaire d’instaurer des contrôles minutieux et des sanctions sévères à l’encontre de ces soi-disant indépendants qui ne font que profiter du système. Nous proposons une amende administrative de minimum 500 euros pour ces soi-disant indépendants », poursuit Christine Mattheeuws.